Comment créer un univers de fantasy ?

La construction des univers de fantasy est toujours quelque chose de difficile pour les auteurs. Et chacun d’entre nous à sa méthode.

Globalement, il faut penser à plusieurs choses avant de se lancer :

  • si on crée un univers de toutes pièces (fantasy classique) ou si on conserve le monde contemporaine (urban fantasy)
  • le système de magie (élémentaire ou autres)
  • les mythes et divinités
  • les méchants et les gentils

En gros, c’est à peu près la liste à avoir en tête au début. Plus on va creuser ces éléments, plus d’autres listes vont se créer et des éléments vont devoir être développés.

Dans ces débuts de recherche et de créations de l’univers, c’est souvent là que la différence entre les auteurs se fait sentir. Il y a ceux qui veulent tout prévoir, tout planifier et tout créer AVANT d’écrire = ce sont les architectes. Il y a ceux qui créent au fil de l’eau, qui ont une idée suffisamment étayée pour leur permettre d’écrire directement = ce sont les jardiniers. Il existe enfin ceux qui commencent l’écriture sans rien préparer puis qui s’arrêtent et qui mettent au clair certaines avant de poursuivre = ce sont les paysagistes.

Je suis une jardinière. Ou presque. En réalité, je m’adapte au roman et à la saga.

Je te partage ma manière de faire pour chacun de mes univers de fantasy.

Ma première saga et donc mon premier univers. Honnêtement, je m’y suis lancée sans réfléchir. J’ai écrit le premier tome (à présent la première moitié du premier tome) et je me suis arrêtée pour poser tout ce que j’avais crée, essayé de réfléchir à la cohérence de l’ensemble et à l’absence de contradiction.

J’ai été donc jardinière au début, puis comme je prévoyais une saga et plusieurs tomes, il a quand même fallu que je rende ça cohérent, d’autant qu’il y avait beaucoup beaucoup de choses et que c’est sans nul doute l’univers le plus complexe que j’ai pu créer jusque là.

J’ai crée des langues, des dictionnaires, des alphabets, des races, des mythes, des mondes parallèles… Pfiou, je suis allée loin ^^

Jusqu’au point final de la trilogie, je n’ai absolument pas réfléchi plus que cela à l’univers. tout était dans ma tête. J’ai noté sur un carnet, les noms des personnages et les races que j’avais créées dans le tome 1 et c’est tout.

Pas de carnet avec les mythes (même si je les connais), les politiques, les organismes… tout de tête et sans rien poser. La seule chose que j’essayais de faire c’était de revenir régulièrement sur les tomes précédents pour ne pas créer de contradictions.

Les métamorphes, le fait qu’ils ne soient pas limités aux loups, les nymphes, les créatures surnaturelles, la manière dont ils vivent avec les humains, dans leur monde caché ou ailleurs… tout s’est fait au fil de l’écriture et l’univers s’est étendu au fur et à mesure que je l’écrivais, comme un dessin qui se déploie devant le stylo de l’artiste.

J’ai refait cela avec Ursule Flatule. C’était sans doute plus facile parce que je savais que je voulais récupérer le thème des rois et reines en fantasy. Honnêtement, avec la mode des fays actuelle, j’aurais clairement dû axer bien plus sur les cours blanches et noires, mais… ce n’est pas comme ça que ça partait.

J’ai crée un univers assez complexe, avec quatre royaumes différents, une histoire riche et pas mal d’enjeux politiques. C’est différent de Skye même si on retrouve la problématique de la tractation politique et les tensions entre les différentes races.

Alors… celui là, j’ai tout fait de tête concernant la magie et la technologie. C’était plutôt facile : la magie vient des lignes de magie et se situe dans la terre et les dragons sont les premiers qui peuvent y puiser. La technologie dépendait de la vapeur et on était dans une esthétique steampunk.

Je n’ai pas eu besoin de créer des mythes ou autres pour faire exister mon univers. Comme j’étais dans une uchronie, je me suis amusée à prendre des personnages connus et à les rendre magiques (Richelieu en dragon, Louis XIV en magicien…) ou bien à utiliser certains mythes (Merlin l’enchanteur, l’alchimiste Basalmo…).

Là où j’ai dû me poser pendant l’écriture, c’était le côté historique. Quand on veut transformer l’histoire, il faut quand même s’assurer d’utiliser les bonnes personnes et que les changements initiés aient eu une chance de se produire.

Au delà de ça, puisque j’avais créé un monde politique différent, j’ai quand même voulu fonder ma politique sur les familles des dirigeants de l’époque, avec des dynasties etc. Cette partie de la recherche a été nécessaire et m’a contraint à arrêter l’écriture deux trois jours pour poser des généalogies (approximatives) et des cartes de l’Europe.

Même si le monde de Gustave Laffanaire est similaire à celui d’Olympe (on évolue dans un paris du début du XXème siècle avec de la magie), je n’ai pas eu le même besoin historique. La politique a évolué de la même manière qu’elle l’a fait dans notre chronologie. La décision que j’ai prise en amont c’était de me limiter sur les races à intégrer dans l’univers.

Je ne voulais pas réitérer les dragons donc j’ai choisi les gnomes, les nains, les trolls, les fées et j’ai simplement conservé les traits de leurs races pour leur donner une place particulière dans la société parisienne.

Et tous ces choix se sont faits au fil de l’écriture. Sans autre recherche que celle ponctuelle sur telle ou telle espèce de créature surnaturelle.

Pour cette saga de fantasy (non publiée mais soumise à des maisons d’édition), je me suis inspirée de la série The Last Airbender (la série animée pas la nouvelle qui est très bien d’ailleurs). J’avais donc une base de travail que j’ai transformé pour exacerber le côté politique et le côté élément.

Par exemple chaque nation correspond à un élément (ça on le trouvait dans la série) mais chacune a une organisation particulière structurée et s’est construit uniquement sur son élément. Pas de feu dans la Théocratie de l’eau, pas d’eau dans l’Empire du Feu, pas de terre dans le Royaume Aérien et pas de feu dans l’Oligarchie de la Terre.

Cela m’a demandé de me poser pour me demander comment les fils de l’eau pouvaient se passer de feu, par quoi le remplacer et ça dans toutes les autres nations. J’ai commencé à rédiger la première moitié du premier tome puis je me suis posée pour créer les cartes approximatives, les technologies, la nourriture etc.

Je reste jardinière alors c’était plus des mémo qu’un véritable dossier complet, histoire toujours de m’assurer l’absence d’incohérences.

Voilà comment j’ai crée mes différents univers de fantasy. Actuellement, je suis en train d’écrire Augustine Bassine et je n’ai absolument aucune idée de la manière dont la magie va s’intégrer dans le récit. Je sais déjà qu’elle existe, qu’il y a des magusiciens et qu’il y a des réseaux sociaux magiques. Pour le reste… j’attends de voir.

Je n’ai donc pas une seule méthode pour créer mes univers, je m’adapte au niveau de complexité que je souhaite donner, au fait que ce soit une série ou non etc. Pour le reste, le seul mot d’ordre c’est de m’amuser.

Je m’éclate simplement à construire des univers dans lesquels j’aimerais évoluer. Certaines personnes estiment qu’on ne peut créer un univers complexe sans le créer par avance avec de véritables encyclopédies élaborées avant l’écriture.

Je ne suis pas de cet avis.

Et mes romans en sont la preuve ! Sur les cinq sagas qui sont publiées, trois le sont en maison d’édition !

Réponse à la question comment créer un univers de fantasy ? Amuse-toi et crée comme tu en as envie !

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