Pourquoi mes personnages ne sont pas des drama queens ?

Dans les cowgirls ne renoncent jamais, Lilly est amoureuse du père de sa meilleure amie. Quand on l’énonce comme ça, il y a plusieurs histoires : 

💛La romance

💛La différence d’âge

💛La difficulté d’acceptation de la meilleure amie et les éventuelles brouilles entre les deux filles. 

Pourtant dans le premier tome, j’ai évacué la dernière. Alors que soyons honnêtes, ça aurait fait un super rebondissement, une tension supplémentaire, un enjeu de fou. C’est vrai, comment peut-on accepter que sa meilleure amie soit amoureuse de son père et ensuite qu’ils entretiennent une liaison ? C’est vachement dur comme situation et ça demande pas mal d’ouverture d’esprit. 

Alors pourquoi m’en suis-je privée ? 

Suspense insoutenable…

Parce que je n’aime pas les drama. 

Vraiment. Je déteste ça. Les drama sont souvent issus d’un manque de communication, de bienveillance et d’un sursaut de susceptibilité et d’égoïsme. Je ne te parle même pas du délire paranoïaque de certains qui crient au drama à chaque fois qu’ils subissent un échec. 

C’est juste relou. 

Dans ma vie, sur les réseaux, je me tiens soigneusement éloignée de tout ça. Non pas que je ne reconnaisse pas la légitimité de certains. Parfois cela soulève de véritables problématiques de société, et l’élévation en drama leur permet une certaine exposition ce qui entraînera peut-être une réflexion.  Mais, en général, quand ils sont légitimes, ce ne sont pas des dramas, mais de vrais drames. 

A une voyelle près, c’est tout à fait différent. 

Petit point là dessus parce que je trouve ça intéressant et que ça éclaire aussi ma façon de penser sur les dramas.

Le drama c’est normalement une série dramatique, issue en général du continent asiatique. Par un abus de langage et l’emploi de l’expression “drama queen” (c’est-à-dire une personne qui exagère négativement les choses, les prenant aux tragiques avec excès), le drama est devenu la plainte et la complainte d’une personne ou d’un groupe de personnes ayant vécu une situation et qui y réagissent de manière disproportionnée. 

Le drame en revanche, même s’il a lui aussi une origine théâtrale, est une véritable situation grave vécue dans le quotidien. Il présente souvent un caractère violent ou immoral voire dangereux. 

Potentiellement, le drame peut engendrer des séquelles en lui-même. Le drama en revanche risque d’entraîner des conséquences par la réaction des concernées et non par la situation elle-même. 

Ajoutons, pour terminer cet instant définition, que drama en latin signifie action jouée sur scène… cela montre bien le niveau d’exagération requis pour passer du drame au drama. 

Bref, je digresse. 

Mon désamour des dramas me conduit dans mes romans à suivre une ligne simple : mes personnages ne doivent pas en créer. Ou alors des tout petits, sur un chapitre ou deux, parce qu’ils ont besoin de digérer la nouvelle. On a tous tendance à réagir disproportionnellement suivant notre humeur, la situation ou nos émotions à ce moment-là. Par contre, ceux qui le font durer sur des jours…. ce sont des drama queens (ou king, pas de sexisme ici). 

Clairement, pas de drama chez moi, parce que je n’ai aucune envie d’avoir des drama queens (ou king toujours) dans mes personnages.

Des questionnements, des difficultés oui. Mais autre que la simple crise de jalousie, d’incompréhension et d’intolérance. De toute manière, si un de mes personnages agit comme ça, c’est le méchant. Toujours. 

Et donc dans les cowgirls, j’ai fait en sorte que Brooke partage le secret de Lilly et même qu’elle ait eu pratiquement autant de temps que son amie pour l’encourager dans cette voie. Bienveillance, compréhension et tolérance, voilà mes maîtres mots et ceux de l’éducation de William, donc ça reste en plus cohérent avec les personnages. 

Alors, je sais, certains ont été déçus parce qu’il n’y avait pas ce clash entre les deux meilleures amies, parce que j’aurais pu faire un DRAMA. Pour être honnête, ces remarques ne m’ont rien fait. Elles émanaient de personnes qui n’étaient pas ma cible ou qui n’avaient pas tout à fait compris ce que je voulais transmettre.

Je trouve qu’il y a suffisamment de difficultés comme ça dans le premier tome pour ne pas en rajouter un peu plus. D’autant que William suffira tout seul à compliquer les choses. 

Bon… je vous dis ça, mais dans le trois, j’ai quand même un peu repris la question du drama, tout en la légitimant et surtout en la transformant en dramE. Ce qui me fait rentrer dans la catégorie intéressante de l’introspection et de la compréhension. D’une réaction disproportionnée ou en tout cas exagérée sur l’instant, on essaie d’en comprendre l’origine ce qui donne des questionnements et potentiellement une belle évolution des personnages. 

C’est d’ailleurs ce que j’aime le plus dans les romans, cette possibilité de questionner le lecteur et non de le faire spectateur de scènes exagérées et difficilement acceptables. Parce qu’en vrai, une drama queen au quotidien c’est chiant, on les supporte pas. Pourquoi en mettre dans les romans ? 

8 réflexions sur « Pourquoi mes personnages ne sont pas des drama queens ? »

  1. Avatar de Chris Lecture

    J’adore ton article ! J’avoue que je me pose la même question : pourquoi en mettre dans les fictions alors qu’on ne supporte pas ça dans la vraie vie ? Bon, des fois, ça sert l’histoire et c’est bien tourné mais des fois c’est juste trop. Après je comprends que certaines personnes puissent aimer, il en faut pour tous les goûts 🥰

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    1. Avatar de S. L. Pennyworth

      Oui exactement. Certains adorent ça, clairement. Ils ont parfaitement le droit. J’avoue qu’ils doivent être déçus quand ils tombent sur un de mes romans 🤭

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  2. Avatar de Angelique

    J’ai justement aimé la solidarité et l’écoute bienveillante de Brooke quant aux sentiments de Lilly envers Will (j’espère juste que je suis OK avec les prénoms pq avec mon incapacité à les retenir, a tous les coups tu ne sais pas de quoi je parle 😂) j’ai trouvé que c’était mature et digne d’une vraie meilleure amie. Si tu ne peux pas dire ce qui compte vraiment pour toi à tes amies… pourquoi sont-elles tes amies ?

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    1. Avatar de S. L. Pennyworth

      🤣🤣 ce sont les bons prénoms, pas d’inquiétude 😉 j’adore ta vision de l’amitié. C’est exactement ça. L’enjeu est plus parfois de savoir si notre amitié est vraie d’ailleurs

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  3. Avatar de Nadine Roland

    Ton article est très intéressant. C’est vrai que drama ça donne un côté excessif.
    En tout cas ça me donne envie de découvrir ta saga 🙂

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    1. Avatar de S. L. Pennyworth

      Oh c’est gentil 💛 oui les drama c’est souvent excessif 😑

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  4. Avatar de Laetitia de Zelles
    Laetitia de Zelles 4 octobre 2023 — 13 h 29 min

    J’aime énormément ta manière d’aborder ce sujet. Le drama étant tourné vers soi, tu écris forcément des textes tournés vers les autres. Et cette idée me plaît beaucoup 😊

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    1. Avatar de S. L. Pennyworth

      Merciiii 🥰🥰

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